Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
24/04/2019 n 08:01
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RAPPEL DE L'ARTICLE
Conférences Charles Rojzman : vivre ensemble avec nos
ressemblances
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Charles Rojzman

Vivre ensemble avec nos ressemblances

ou Travailler sur la violence qui nous est commune


Cette conférence a eu lieu à Onet le Chateau (Aveyron), le 21 septembre 2007


La violence, Charles Rojzman y est tombé dedans quand il était petit. Fils de juifs polonais, il a émigré en France avec sa famille qui lui a caché tous les morts subis dans cette famille. Aujourd'hui, C. Rojzman le confesse : « J'ai été un enfant violent, j'ai été un adolescent violent, un adulte violent ». Sur cette violence, il a beaucoup travaillé, réfléchi, il est devenu ce qu'il appelle un “guérisseur blessé”, conscient de la présence en lui des peurs, des souffrances et des violences. (vous pouvez aussi télécharger le compte rendu sous pdf)

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De la violence, C. Rojzman a fait son activité professionnelle. Et il a mis au point une nouvelle méthode d'approche, une méthode d’intervention : la thérapie sociale, un « métier » qu'il a « inventé ».
Et le voilà qui écrit livre sur livre, et parcourt le monde, dans les lieux de crise aigüe : les banlieues françaises et les ghettos américains, la Tchétchénie ou la Yougoslavie, bientôt le Rwanda... Le 21 septembre, journée de la paix, il était à Rodez.
La violence, tout le monde en parle, surtout de celle des autres, explique Rojzman. Lui se méfie un peu. Derrière les discours des uns et des autres, se cachent volontiers idéologies, présupposés et théories. Et la réalité est tellement complexe.

La balance


Alors C. Rojzman préfère la pratique. Et puis, nous savons tous, plus ou moins, ce qu'est la violence, même si nous nous dissimulons la réalité. Une définition ? Il y a violence chaque fois que nous diabolisons l'autre, les autres, chaque fois que nous les pensons ou les traitons comme des sous-hommes, chaque fois que nous croyons que décidemment il n'y a plus rien à faire avec l'autre.
Cette violence sous toutes ses formes augmente dans nos sociétés, selon C. Rojzman. Pourquoi ? En soi, l'être humain est ambivalent : il porte en lui la capacité à aller vers les autres, à s'ouvrir, coopérer, aimer : il porte aussi la capacité à se renfermer sur lui-même, à haïr, à être violent. Qu'est-ce qui va faire pencher la balance ? L'environnement répond C. Rojzman: la société, les institutions.. Et aujourd'hui la société est malade, elle est en crise, elle est trop fragmentée entre milieux cloisonnés qui ne se parlent plus entre eux, ne s'écoutent pas... N'insistons pas sur des crises, généralement bien identifiées : crise du lien social, crise du travail, crise du sens, crise de l'autorité.

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Trois maladies sociales

Il convient par contre de repérer nos « maladies sociales ». C.Rojzman en isole trois :

- La dépression ou quand je dis : «Je n'ai pas de valeur ; je n'ai pas d’avenir ; ma vie est vide ; ça n'a pas de sens».

- La délinquance (des pauvres et des riches) ou quand je dis : «Je veux réussir, gagner de l’argent ; m'en sortir ou garder mes avantages... et tant pis pour les autres !».

- La victimisation ou quand je dis : «Je ne suis pas responsable ; c'est la faute aux autres ; le mal, c'est les autres, et tant que les autres ne changeront pas...»

Nous sommes là au cœur du problème. Il ne suffira pas d'avoir de bonnes intentions, de bien parler, de bien communiquer. Il ne suffira pas non plus de guérir des individus. La violence est aussi dans les institutions. Il faut donner aux gens la possibilité d'agir et de changer leur environnement, ensemble.

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Un chemin : notre part de responsabilité


Tout un cheminement est sans doute nécessaire. C. Rojzman en décline quelques passages obligés.
Prendre conscience de la complexité du réel. Le regard des jeunes dit une vérité, celui des policiers aussi et de même celui des habitants d'une cité ; en sortant de son point de vue partiel, de son isolement, on voit mieux les choses. On fait la distinction entre peurs fantasmées et peurs liées à des faits. On a le courage de parler et de retrouver confiance en soi. L'information circule. Les masques, les préjugés, les représentations fausses peuvent tomber. Et nous pouvons saisir ce que nous sommes, ce que nous faisons. Pour comprendre le monde complexe actuel et agir, nous avons besoin des autres, besoin de rencontrer les autres. Ainsi peut naître de l'intelligence collective.
Apprendre à ne pas éviter les conflits. Quand j'évite le conflit, je me mets en retrait, je pense le mal, je me regroupe avec ceux qui sont comme moi, je fais un clan, et à la première occasion la violence peut éclater. Les conflits sont nécessaires. Il s'agit bien de transformer la violence en conflits.
Comprendre que le mal est en chacun d'entre nous et pas seulement chez les autres. Bien sûr, il faut changer le système, mais le système est aussi en nous. Nous avons chacun, à des degrés divers, notre part de responsabilité. Nous sortons alors de notre sentiment d'impuissance, toujours dévastateur et susceptible de dégénérer en violence.



Nous avons chacun notre part de responsabilité... En affirmant cela, Rojzman nous bouscule. En a-t-il conscience ? En tout cas pour lui, il est plus qu'urgent de combattre la violence, de « travailler sur la violence qui nous est commune ». Et il n'hésite pas à parler de fraternité : « la vraie paix entre nous, c'est de se voir avec des points communs ». Lui, tel un pompier social, il intervient dans les situations de crise, avec sa méthode de « thérapie sociale ». Les exemples d'intervention cités donnent à penser que nous devrions nous engager sur de tels chemins...

P.I.
Pour Aveyron Décennie de la Paix


Télécharger le compte rendu sous pdf

Pour aller plus loin : voir site Charles Rojzman :

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Qui est Charles Rojzman ?

Charles ROJZMAN est membre du comité de parrainage de la coordination nationale de la décennie de la paix, fondateur de l'institut de thérapie sociale, auteur de nombreux ouvrages. Lire le communiqué de presse du 17 septembre 07

Article paru sur Charles Rojzman : "oui aux vrais conflits !"

Tract de présentation de la conférence à télécharger
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