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DESARMEMENTn Article n°19.1 n 30/07/14 n 13:27 n Editeur : csv
30 juillet 2014
69 ans après Hiroshima, la mort du dernier membre de
l'équipage du bombardier B26


A l'approche de l'anniversaires des bombardements de Hiroshima et Nagazaki, au moyen de bombes atomiques, Claire Chaudière dans la revue de de presse internationale de France culture du 30 juillet 2014 revient sur ces deux événements, alors que vient de décéder Theodore Van Kirk, ancien pilotes d'un des avions qui a largué une de ces bombes :

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Voir la page de UNE complète du monde annonçant "une révolution scientifique"


"A bord de l'appareil de l'US Air force qui survole Hiroshima ce 6 août 1945, ses coéquipiers le surnomment Dutch. Mais son nom est Theodore. Theodore Van Kirk. Le vieux monsieur qu'il était devenu, installé dans une maison de retraite de l'Etat de Géorgie aux Etats-Unis s'est éteint hier à l'âge de 93 ans. C'était le dernier membre encore en vie de l'équipage de l'Enola Gay, l'avion américain en charge du largage de la première bombe atomique sur le Japon. Son portrait a été mis en ligne il y a quelques heures sur le site du journal d'Atlanta et l'information a fait cette nuit le tour de la planète web, un certain nombre de sites américains ressortant immédiatement leurs archives.

Il faut rappeler que l'explosion avait fait sur le moment autour de 78.000 morts. Fin 45, le bilan sera évalué à 140.000 morts. Dans les mois qui ont suivi, Van Kirk a défendu le recours à l'arme atomique, expliquant que cela avait été un moindre mal au Japon, et que les pertes humaines auraient pu être immenses sans cette intervention américaine.

Sur la nuit en question, raconte le New York Times, Van Kirk avait des souvenirs très précis. Pas d'inquiétude sur la capacité de l'avion à larguer la bombe, c'est Van Kirk qui était en charge de la navigation à bord de l'appareil et cela s'est fait sans accroc, pas d'appareils énnemis dans le secteur ce matin là. Non l'inquiétude, continue le journal résidait plutot dans cette autre question : l'avion larguant la bombe allait-il lui aussi exploser ? 43 secondes après avoir lâché l'arme, Van Kirk dit avoir aperçu un éclair, puis l'avion a été secoué mais a tenu bon. Après la deuxième secousse, Van Kirk se souvient d'avoir été soulagé. Pas d'être en vie, mais soulagé, dit-il, d'avoir participé à une opération qui allait mettre fin à la guerre. L'avion a alors changé de trajectoire et l'équipage a aperçu le champignon atomique.

Plus récemment, en vieillissant, l'ancien militaire avait un peu changé d'avis sur l'arme nucléaire, continue le Guardian. Son expérience de la seconde guerre mondiale, disait-il, lui avait apporté la démonstration que la bombe atomique ne règle rien, il s'était même prononcé en faveur de son abolition. Tout en ajoutant : "mais si mon ennemi possède cette arme, alors je veux en avoir aussi, et une de plus si possible".

A mi chemin entre Tibbets et Eatherly. De la dizaine de militaires américains au coeur de ces missions Hiroshima et Nagazaki d'août 45, on retient deux figures : "celle de la normalité avec Paul Tibbets, le pilote du bombardier B26", dans lequel se trouvait donc aussi Van Kirk, "et celle de la folie de Claude Eatherly, en charge d'une opération de reconnaissance du terrain et qui vécut de tous le plus dramatiquement sa participation au larguage de la bombe atomique". Deux figures détaillées dans une tribune sur les nouveaux visages de la guerre parue ces jours ci dans Le nouvel économiste, avant même la mort de Van Kirk. Paul Tibbets poursuivit normalement sa carrière dans l'armée sans état d'âme jusqu'à sa mort en 2007. Tandis que Claude Eatherly, qui n'était en charge que du repérage et de la météo, n'a cessé de souffrir ensuite. Une souffrance racontée dans une correspondance qu'il va entretenir avec le philosophe allemand Günther Anders, objet d'un livre pacifiste et anti-nucléaire.

Mais pour les Américains, ces hommes sont devenus des "mythes à la gloire du militarisme américain", déplore un éditorialiste américain lui aussi, engagé dans des associations pacifistes, sur le site Scoop (.co.nz), au lendemain de la mort de Van Kirk et à quelques jours des commémorations de la catastrophe d'Hiroshima. "Je me souviens comment mes profs d'histoire, ennuyeux et bien peu inspirés nous rabâchaient les oreilles avec le rôle glorieux et plein de courage des Etats-Unis pour mettre fin à la guerre contre le Japon. Et avec le recul j'ai honte. J'ai honte d'avoir été si naïf. Pourquoi ne nous a-t-on pas dit que le président Truman savait parfaitement à l'époque que d'autres options étaient possibles, que le massacres de centaines de milliers de civils n'était pas une fatalité, que Tokyo était désespérément depuis des semaines en train d'essayer de trouver une porte de sortie honorable à la guerre par l'intermédiaire de Moscou" ?

Sur le site du journal local japonais Maïnichi, on compte ces jours ci le nombre de pays représentés mercredi prochain au Japon pour les commémorations du drame. Ce sera le 69ème anniversaire. 71 nations ont répondu présentes. Le Cambodge, Chypre, le Libéria les Maldives et le Portugal enverront pour la première fois une délégation. Israël et l'Iran, note le journaliste, seront également présents.

Et cela alors que Tokyo doit faire face ces dernières semaines aux critiques des militants pacifistes japonais. Grand vaincu, avec l'Allemagne nazie de la deuxième guerre mondiale, raconte Libération, le Japon, éprouvé dans sa chair par le feu nucléaire une semaine avant de capituler, vit depuis aout 45 avec une Constitution anti-guerre. Une constitution dont l'article 9 stipule que le pays renonce "à jamais" à la guerre. Sauf, se lamente certains citoyens, que depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le très nationaliste Shinzo Abe s'est mis en tête de nettoyer la constitution et d'en expurger ce fameux article 9.

Mais au delà des volontés humaines ou étatiques de se mesurer à l'autre, de dominer ou de détruire l'autre, c'est le caractère "monstrueusement machinique" d'Hiroshima qui en fait un crime abominable, explique le philosophe Günther Anders, dans deux essais dont les traductions sortent cet été, et chroniquées sur le site de Slate.

La guerre des machines est pourtant aujourd'hui présentée comme une solution. "La guerre des robots nous débarrasse de toute perspective humaine", conclut l'auteur dans cette tribune citée précédemment et intitulée "L'avenir de la guerre", publiée ces derniers jours sur le Nouvel Economiste. "Enfin nous n'aurons plus à choisir entre la normalité et la folie face à l'horreur. Enfin nous seront débarrassés de toute perspective humaine. Ni Tibbets, ni Eatherly"… ni Van Kirk pourrait on rajouter. "Mais en attendant on n'a jamais été aussi loin de cette guerre industrielle, et numérique zéro défaut, zéro perte. La violence des hommes en guerre, de Mossoul à Abuja, de Kaboul à Alep, de Bangui à Tombouctou n'a jamais été aussi cruelle, sanglante, physique, incarnée"."



Voir aussi :
"Jeûne international pour le désarmement nucléaire du 6 au 9 août 2014 à Paris"


Edité par csv, le 30/07/14 à 13:44

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