Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
26/04/2019 n 00:35
INTERNATIONALn Article n°19.1 n 28/11/08 n 13:11 n Editeur : csv
Jonathan Power
Non-violence : méfiance, ça marche !

12 décembre 2008

Sous le titre humoristique : "méfiance, ça marche !" l'éditorialiste au Herald Tribune, Jonathan Power, constate dans un article publié le 22 octobre, que la violence, à part quelques notables exceptions, n'a plus le vent en poupe dans les relations entre les états.

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"La tactique de non violence prônée par le Mahatma Gandhi et Martin Luther King est en train d’enfoncer une porte ouverte. Même le Pentagone en vient à se poser la question de son utilité dans des situations de conflit et d’impasse politique.

La presse de ce jour s’intéresse au combat, fondamentalement non violent, de l’opposition du Zimbabwe pour écarter la dictature de Robert Mugabe. Malgré les provocations de la police et de l’armée, et à la différence de ce qui s’est passé au Kenya, l’opposition a tendu l’autre joue et, ce faisant, s’est acquis les faveurs de 100 % ou presque de l’opinion étrangère.

Autre exemple, l’opposition militante iranienne en exil se forme et s’exerce à des techniques de conflit non violent, à l’exemple de ce qu’ont réussi récemment en Ukraine et en Serbie les mouvements pour le changement. Il n’y a pas de quoi s’étonner devant cette évolution. On a, à juste titre, décrit le 20e siècle comme le siècle le plus sanglant de l’histoire de l’humanité.

Mais il fut aussi le plus riche d’alternatives à la violence — et ce ne sont pas uniquement Martin Luther King et Gandhi (à qui se sont ralliés les Pathans opposés aux Britanniques dans l’Asie du Sud, développement historique quelque peu oublié par les armées de l’OTAN en Afghanistan), c’est aussi, en Afrique du Sud, l’œuvre du chef Albert Lithuli et de l’archevêque Desmond Tutu, celle, au Brésil, de l’archevêque Dom Helder Câmara et, au Timor oriental, de l’évêque Carlos Belo et de José Ramos Horta.

Et il y a eu aussi, dans les années 50, les marches contre les armes nucléaires qui ont contribué à convaincre le président John Kennedy de travailler pour un traité d’interdiction des essais nucléaires. Sans oublier, plus tard, les manifestations de masse contre la guerre du Vietnam. Il est quasiment impossible de le définir précisément, mais le fait est qu’il y a eu, dans les sociétés occidentales, un changement radical à l’égard de la guerre.

Malgré les titres des journaux, jamais, dans l’histoire, il n’y a eu moins de guerres. Le nombre de conflits armés entre des démocraties depuis la fin de la deuxième guerre mondiale est égal à zéro. Les nations industrialisées, riches, démocratiques ont pour la plupart abandonné le principe de conflit armé comme moyen de régler leurs rapports avec d’autres pays. Les guerres en Irak et en Afghanistan sont les seules exceptions. Et il n’y a, en Occident, qu’un petit groupe de pression à soutenir une frappe contre l’Iran.

Même dans les pays pauvres ravagés par la guerre, celle-ci est le fait de groupuscules - le plus souvent des criminels de droit commun, des petites frappes et des seigneurs de la guerre, qu’une intervention militaire de type ONU suffit fréquemment à réduire. Il faut parfois y ajouter des pressions politiques externes, sauf dans les rares cas comme celui de l’Afghanistan, où les Pathans déploient leur culture profonde et exceptionnelle de résistance.

Il n’y a qu’aux Etats-Unis et en Russie où l’intervention militaire soit l’objet d’un débat permanent et de préparatifs tangibles. Si on doutait encore que la culture de la guerre peut changer, il suffirait de regarder vers les Pays-Bas, la Suède et la Suisse pour se détromper. A la fin du 18e siècle, les Pays-Bas et la Suisse étaient à la tête d’armées plus nombreuses que celles de l’Angleterre ou de l’Autriche, et bien plus redoutables que celle de la Prusse. Les Pays-Bas furent une grande nation navigatrice et impérialiste. Pourtant, depuis deux siècles et demi, on ne peut pas dire que ce pays soit un va-t-en-guerre.

De 1415 à 1809, les pays scandinaves étaient plongés dans des conflits pratiquement incessants. Depuis la défaite de la Suède par la Russie en 1809, ils se sont tenus plus ou moins à l’écart de tout conflit violent, de même que la Suisse, qui en 1500 était une nation guerrière des plus redoutées. Puisque l’atmosphère militariste des époques passées commence à évoluer, il ne faut pas s’étonner du rôle plus important qu’on joué les campagnes non violentes depuis 60 ans. Et, qui plus est, avec succès. Selon une étude récente de Maria Stephan et Erica Chenoweth citée dans la revue trimestrielle International Security, de Harvard, les campagnes non violentes de résistance civile à grande échelle se sont soldées par une réussite dans 53 % des cas. Chiffre à opposer aux campagnes terroristes qui n’ont atteint leurs objectifs qu’à raison de 7 %. Cette réussite repose sur de nombreux facteurs, dont la persévérance n’est pas le moindre. Mais elle repose également sur la légitimité accrue dont jouissent ces mouvements, au plan national et international, sans parler d’une désaffection à l’égard du régime, comme ce fut le cas en Ukraine il y a trois ans. D’autre part, les opinions publiques intérieures — qui répugnent à la violence — se tournent de plus en plus vers la voie pacifique. Les mesures de répression exercées par une police et des militaires armés jusqu’aux dents retournent l’opinion publique contre le régime. C’est ce qui s’est produit aux Philippines, où l’opposition violente a été un échec. Mais lorsque deux millions de citoyens sont descendus dans la rue pacifiquement pour chasser le dictateur Ferdinand Marcos, le gouvernement Reagan a aidé à le pousser vers la sortie. On pourrait citer de nombreuses situations où une solution de non violence pourrait fonctionner. Mais aucune n’est plus mûre pour cette solution que le conflit israélo-palestinien. Si on pouvait persuader les Palestiniens d’abandonner leurs armes et leurs pierres pour s’organiser dans un mouvement non violent efficace, ils pourraient rallier un million d’Israéliens à leur cause.

John Mueller, professeur de sciences politiques à l’Ohio State University, a écrit que la guerre était naguère considérée comme “naturelle, inévitable, honorable, passionnante, virile, salutaire, nécessaire, glorieuse, progressiste et désirable”. Tout semble indiquer que cette époque touche à sa fin. La résistance non violente vient prendre sa place en tant qu’instrument principal du changement radical, voire révolutionnaire."


Jonathan Power - CGNews


Article distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews) avec l’autorisation du Khaleej Times. Source: Khaleej Times, 22 octobre 2008, www.khaleejtimes.com Reproduction autorisée.

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Edité par csv, le 12/12/08 à 07:59

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