Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
24/03/2019 n 13:05
INTERNATIONALn Article n°281.1 n 06/03/16 n 07:40 n Editeur : csv
6 mars 2016
Détente ou nouvelle guerre froide, une perspective
politique mondiale


Cet article, publié par Voices for Creative Nonviolence, est de Karl Meyer, vétéran états-unien de cinquante ans d'action non-violente pour la paix et la justice au sein des Catholic-Workers et coordinateur fondateur de la communauté pour la justice environnementale et sociale de Nashville Greenlands. Il a été arrêté plus de 50 fois lors de manifestations contre la guerre froide, la guerre du Vietnam les guerres au Salvador et au Nicaragua, et plus récemment contre les sanction de l'ONU contre l'Iraq.

Dans un entretien qui précède cet article, il alerte sur le fait que l'attention des mouvements pacifistes sur chaque conflit ne doit pas être comme celle sur l'arbre qui cache la forêt. Une vision stratégique globale est nécessaire :


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La clé essentielle pour résoudre les véritables menaces sur la sécurité internationale et la paix, ainsi que pour résoudre les petites guerres et les conflits régionaux, est d'inverser la tendance actuelle à la guerre froide [des Etats-Unis] avec la Russie et la Chine.

Le monde a besoin de la coopération active entre les Etats-Unis, la Russie, la Chine et d'autres pays influents, grâce à un accord et à une coopération dans le cadre des Nations Unies. Nous devons revenir activement à la vision énoncée dans la Charte des Nations Unies, et d'abandonner le fantasme d'une domination du monde unipolaire par les Etats-unis.

La possibilité d'une guerre entre les puissances nucléaires armées est de retour comme une menace réelle pour la sécurité des personnes partout dans le monde. Le changement climatique, le gaspillage des ressources limitées, et les pressions économiques de la croissance démographique excessive sur la capacité de charge de la Terre sont alimentées par les dépenses militaires. Ces menaces se font sentir d'abord dans les régions et les pays les plus économiquement vulnérables. Elles conduisent aussi à des guerres civiles locales et pour le contrôle des ressources et territoires régionaux.

À notre avis, l'exceptionnalisme expansionniste des Etats-Unis et de sa politique néo-impérialiste est le principal moteur de la reprise des hostilités de la guerre froide entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine.
Pour résoudre ces problèmes, il faudra l'accord et la coopération entre tous les pays touchés, avec un leadership fort des grandes puissances du monde. Compte tenu de la structure de la Charte actuelle de l'Organisation des Nations Unies, cela signifie, à tout le moins, des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

L'erreur dans la façon d'aborder les grands problèmes mondiaux a été l'idée répandue parmi les politiciens ignorants ou vénaux que les États-Unis pouvaient conserver et accroître leur domination en tant que "superpuissance unique" ce qui a été atteint brièvement après l'effondrement et la dissolution de l'URSS.

L'erreur de politique étrangère la plus dommageable des présidents Clinton, George W. Bush et Obama, tous novices en matière de politique étrangère, était qu'ils ont cédé à la pression de la bureaucratie militariste et de ses alliés au Gouvernement, celle de tirer parti de la faiblesse temporaire de la Russie et de la force militaire moins développée de la Chine, pour étendre le parapluie militaire de l'OTAN en Europe de l'Est et en Asie centrale.

Ils ont ainsi poussé à menacer les frontières de la Russie avec de nouvelles alliances, des sites de missiles et des bases militaires, et à étendre les alliances et des bases militaires autour de la Chine. Ces actions ont envoyé un message très agressif et menaçant aux gouvernements de la Russie et la Chine. Ces derniers se renforcent chaque année, et le repoussent.

Une deuxième erreur néfaste des régimes Bush et Obama a été leur conviction qu'ils pourraient profiter de l'agitation populaire et des révoltes dans les pays du Moyen-Orient pour faire tomber les gouvernements dictatoriaux et, en aidant les groupes rebelles opprimés, établir des gouvernements amis dans ces pays. Ils ont échoué à obtenir un gouvernement stable et fiable en Irak, où s'est mis en place un gouvernement plus influencé par l'Iran que par les Etats-unis. Ils sont sur la route d'un échec similaire en Afghanistan. Ils ont lamentablement échoué en Libye, et n'y parviennent pas, de manière terriblement tragique, en Syrie. De combien de défaillances tragiques successives les élites politiques américaines doivent-elles faire l'expérience avant d'apprendre qu'elles n'ont ni le droit ni la capacité de contrôler le futur développement politique de ces pays ?

Chaque pays doit choisir ses accords économiques et politiques en fonction de ses équilibres internes de pouvoir et du contexte social, sans ingérence extérieure excessive. Ces pays n'ont pas vocation à devenir des clients serviles et néo-colonialistes des États-Unis, une fois que le besoin temporaire de leur aide aura disparu.

La politique des États-Unis doit cesser de provoquer la Russie et la Chine le long de leurs frontières, et revenir à une stratégie de recherche de la coexistence pacifique négociée, et l'équilibre des intérêts régionaux entre les grandes puissances, les États-Unis, la Russie et la Chine, avec le respect approprié pour les intérêts des puissances secondaires, l'Inde, le Pakistan, l'Iran, le Brésil, la Grande-Bretagne, Allemagne, France, Indonésie, Japon, etc.

(Par ailleurs, malgré leur horrible et violente manière de brutaliser les populations des pays les plus faibles, Nixon et Kissinger avaient été modérés et réalistes en proposant une stratégie de détente, et de négociation des traités de contrôle des armes avec la Russie et la Chine, et Reagan avait adhéré aux initiatives de Gorbatchev, conduisant à la fin des précédentes guerres froides. Ces avancées ont été perdues par les politiques des administrations qui ont suivi.)

Avec une coopération active entre les grandes puissances et les importantes réductions des dépenses militaires que cela entraînerait, tous les pays pourraient coopérer face aux menaces du changement climatique, les pénuries d'eau, le sous-développement régional, et les pressions économiques causées par la croissance démographique. Ils pourraient également résoudre les guerres civiles et régionales à plus petite échelle (comme en Afghanistan, Irak, Syrie, Palestine/Israël et en Ukraine) par le biais d'une pression internationale unifiée pour les règlements négociés sur la base de partage du pouvoir entre toutes les principales factions politiques et les forces au sein de chaque pays.

Les mouvements non-violents et les mouvements de la société civile ne peuvent pas dicter leur politiques aux gouvernements ou aux sociétés multinationales. Notre rôle, à travers l'action et l'éducation, est de restreindre leurs abus de pouvoir, autant que possible, et d'influer sur le contexte politique de leur prise de décision grâce à une organisation et une mobilisation massive.



Edité par csv, le 06/03/16 à 08:54

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