Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
16/01/2019 n 01:49
POUR APPROFONDIRn Article n°8.1 n 18:07 n 12/09/08 n Editeur : csv
Abécédaire de la non-violence


Jean-Marie Muller, parte-parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente est écrivain et philosophe. Ils est en particulier l'auteur du Dictionnaire de la non-violence (Éditions Le Relié Poche).

En quelques courtes définitions, il nous permet un survol synthétique et rapide de la philosophie et la stratégie de l'action non violente.

Rappelons que l’objectif du MAN est de faire valoir l’apport de la non-violence dans les luttes sociales et politiques, dans l’action éducative, et dans la régulation des conflits nationaux et internationaux contemporains.


Abécédaire de la non-violence

Agressivité. L’agressivité est une puissance d’affirmation de soi constitutive de la personnalité. Elle permet de surmonter sa peur, d’accepter le conflit et d’affronter l’autre sans se dérober. L’individu ne doit pas la refouler, mais l’apprivoiser afin qu’elle devienne une force créatrice qui structure sa relation à l’autre.

Bonté. Aux jours de lassitude, nous sommes tentés de croire ceux qui nous assurent que la bonté est l’impuissance des faibles. Eh bien non ! La violence, le plus souvent, est la faiblesse des lâches. La bonté, toujours, est la puissance des forts.

Courage. Le courage est la vertu de l’homme qui, face à la peur, le risque, la menace, le danger, et la souffrance, a la force d’être intrépide. La forme la plus haute du courage, c’est de prendre le risque de mourir pour ne pas tuer, plutôt que de prendre le risque de tuer pour ne pas mourir. L’homme courageux craint davantage le meurtre que la mort.

Désobéissance civile. La fonction de la loi est de garantir la justice. Une loi juste mérite le respect et l’obéissance des citoyens. Lorsque la loi cautionne ou engendre elle-même l’injustice, elle mérite le mépris et la désobéissance des citoyens.

Écologie. Les pollutions de l’air, de l’eau et de la terre sont des crimes contre l’humanité. L’obligation de respecter et de protéger la nature procède d’une exigence éthique laquelle fonde un impératif politique.

Force. L’injustice résulte du déséquilibre des forces qui établit la domination et l’oppression des faibles par les puissants. L’action non-violente vise à créer un nouveau rapport de force afin d’établir un équilibre tel que les droits de chacun soient respectés.

Guerre. La guerre implique une inversion radicale du code social de bonne conduite : l’obligation universelle de la conscience raisonnable : « Tu ne tueras pas » est non seulement suspendue, mais niée, annulée au profit du commandement : « Tu tueras ».

Humour. L’humour est une résistance contre l’adversité. Une défense contre le déplaisir. L’humour est un exorcisme. Si les hommes faisaient davantage l’humour, ils feraient moins souvent la guerre.

Idéologie. L’idéologue ne se bat pas pour faire advenir plus d’humanité, mais pour faire triompher une idée et, cela, au mépris de l’autre. Toute idéologie finit par se servir de la violence et justifie la violence qui la sert. L’urgence aujourd’hui est de déconstruire les idéologies de la violence pour construire une philosophie de la non-violence.

Justice. Le principe de justice fonde le respect des droits inaliénables de l’être humain. Il est universel et s’applique à tout homme et à tous les hommes. Il est irréfragable.

Kérygme. Le kérygme (du grec kêrigma, « proclamation ») est l’acte d’annoncer une parole universelle de sagesse et d‘espérance. Ainsi peut-on parler du kérygme de la non-violence annoncé par des hommes comme le Mahatma Gandhi et Martin Luther King.

Lutte. L’existence est une lutte pour la vie. Il n’y a de paix que dans la justice ; il n’y a de justice que par la lutte. Il n‘y a de lutte pour la justice que par des moyens justes, c’est-à-dire non-violents.

Médiation. La médiation vise, par l’intervention d’un tiers, à transformer un conflit en permettant aux deux protagonistes de passer de l’ad-versité à la con-versation.

Non-violence. En l’homme, l’exigence de non-violence est antérieure au désir de violence. Elle est originelle. Elle est de principe. Le non que la non-violence oppose à la violence n’est pas un non de simple refus. Il est un non de résistance. L’apport décisif de la non-violence est de réconcilier l’exigence éthique et le réalisme politique.

Objection de conscience. L’objection de conscience est le refus d’un citoyen d’obéir à une loi dont le respect le rendrait complice d’une injustice portant atteinte à la dignité humaine.

Parole. La résignation et la complicité sont silencieuses. Le premier acte de résistance contre l’injustice est d’oser prendre la parole sur la place publique et de faire ainsi valoir les requêtes de la vérité.

Quête. Comme tout animal, l’homme est sa vie durant en quête de nourriture. Il est le seul animal en quête de sens. L’opposé du sens est la violence.

Relation. L’homme ne se connaît que par sa relation avec l’autre homme. L’existence de l’être humain est une présence. Et la présence est une relation.

Spiritualité. L’exigence essentielle de la spiritualité est de reconnaître la violence comme l’autre absolu de l’esprit. L’option pour la non-violence inaugure la vie spirituelle.

Tolérance. Bien qu’elle s’exprime de manière négative, et souvent passive, la valeur positive de la tolérance apparaît lorsqu’on considère les méfaits et les violences engendrés par l’intolérance. Mais la tolérance doit s’arrêter aux limites de l’intolérable.

Universel. Jusqu’à présent les hommes ont pensé l’universel à travers les catégories de la conquête et de la domination. Aujourd’hui, ils sont mis au défi de le penser à travers les modalités de la rencontre et du partage. Le principe de non-violence est la clé de voûte de l’universel.

Violence. Toute violence qui s’exerce contre l’homme est un viol, le viol de son identité, de sa personnalité, de sa dignité, de son humanité. Connaître la violence, c’est la reconnaître comme un crime contre l’humanité et refuser tous les processus de légitimation qui voudraient la justifier comme un droit de l’homme.

Web. Le Web est un merveilleux instrument qui permet aux hommes, par la maîtrise de l’espace et du temps, de communiquer instantanément avec leurs amis du bout du monde. Il peut servir l’universel. Comme tout moyen technique, il peut aussi servir le crime.

Xénophilie. L’amour de l’étranger, de l’homme autre, est la pierre d’angle de la civilisation.

Yoga. Exercice corporel et spirituel, le yoga vise à la maîtrise des fonctions vitales et à la réalisation de l’unité de la personne. Il est une voie qui ouvre à la pacification.

Zèle. Le zèle pour la justice conduit le sage, chaque fois qu’il le peut, à entrer en résistance contre toute violence qui aliène, opprime et meurtrit l’autre homme.

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