Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
25/04/2019 n 23:42
QUI SOMMES-NOUSn Article n°11.1 n 21/07/10 n 20:02 n Editeur : csv
26 juillet 2010 - Rencontres de la non-violence
Le chacun pour soi remplace-t-il le vivre ensemble ?


Lors des "rencontres de la non-violence" de Rodez, le 17 juin dernier le MAN Aveyron a abordé la question suivante : "Le chacun pour soi remplace-t-il le vivre ensemble ?" Cette question s'inspirait de l'analyse du rapport du médiateur de la république 2009.

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Objet des rencontres de la non-violence

Le MAN est une association d'éducation populaire, à ce titre elle a pour mission de participer à l'éducation du plus grand nombre au sein du " temps de loisir ».. L'objectif : l'apprentissage de la citoyenneté,qui reconnaît à chacun la volonté et la capacité de progresser et de se développer, à tous les âges de la vie, de développer ses capacités à vivre en société : confronter ses idées, partager une vie de groupe, s'exprimer, écouter, etc. avec comme méthode : l'éducation de chacun par chacun

Le MAN est un mouvement de non-violence dont le but est de,participer avec d'autres à la lutte contre les violences tant au niveau personnel, qu'en société et au niveau international

A ces titres, nous sommes régulièrement sollicités par des personnes qui ont besoin de réfléchir avec d'autres sur les changements profonds de notre société, nos nouveaux parcours de vie qui bousculent nos repères, nos façons de vivre ensemble...

C'est dans ce contexte et pour ces motifs que nous avons décidé, au delà des actions grand public type conférences de proposer des actions de réflexion et de formation à nos adhérents et sympathisants Les rencontres de la non-violence veulent être un de ces espaces d'apprentissages, de débat, de prises de position sur des sujets d'actualité pour avancer à partir des propositions de chacun.


Pourquoi ce thème du vivre ensemble ?

Nous sommes interrogés par le fait que « le vivre ensemble » est une question qui revient de manière forte aujourd'hui. De nombreux philosophes, sociologues, médiateur de la République, journalistes... en parlent s'en inquiètent, proposent... Des associations proposent réflexions et actions : cette année la Ligue de l'Enseignement s'est interrogée sur « le vivre ensemble » et en a fait le thème de son Congrés National, le CLSH de La Griffoullière se définit par « un site merveilleux où on apprend à vivre ensemble » L'explosion des réseaux sociaux sur internet, les rencontres type apéritifs facebook peuvent être vues comme des manifestations de cette recherche de nouveau x types de relations.
Le sociologue Alain Ehrenberg exprimait récemment « Parlez à n'importe qui ,dans la rue , de délitement du lien social, de la perte du vivre ensemble, les gens voient de quoi il s'agit ».

Alain Touraine (sociologue)pose la question dans le titre même de son livre « Pourrons-nous vivre ensemble ?
 
Edgar Morin (philosophe, sociologue) .remarque aujourd’hui, dans la civilisation occidentale, un renforcement de l’individualisme et un affaiblissement du lien social. Il parle d’une crise des fondements éthiques Il plaide pour une éthique de la compréhension d’autrui, seule capable de nous permettre de vivre ensemble. Il poursuit, en expliquant le paradoxe auquel les acteurs de cette éthique sont confrontés : « Pour changer la société, il faut d’abord changer les individus, mais pour changer les individus, il faut changer les institutions. La solution est donc de s’aider les uns les autres, certains acteurs de la société dirigeant leurs actions vers les individus, d’autres, vers les institutions ».

Face à ce foisonnement de débats, d'écrits, d'actions nous avons fait le choix de nous attarder principalement sur le rapport 2009 de Jean Paul Delevoye Médiateur de la République car ce rapport a beaucoup frappé parce qu'il est particulièrement sévère et alarmant.


Constats du rapport Delevoye Médiateur de la République

Sa réflexion s'appuie sur les 76000 dossiers traités dans l'année 2009 en augmentation de 16 % / 2008

Le constat n’est pas neuf, notre société est fracturée,mais jamais cette réalité n’a été aussi aiguë.

le Médiateur de la République apprécie en effet quotidiennement, au travers des requêtes qui lui sont adressées, la vitesse et la prégnance avec lesquelles le sentiment d’injustice se diffuse dans la société.
Le premier fossé entre les citoyens et l’État, c’est celui que creuse la loi par une complexité croissante, qui met sa compréhension hors de portée de l’individu. La conséquence : les administrés méconnaissent leurs droits, en mesurent mal la portée et ont souvent du mal à les respecter.

Face à eux, des fonctionnaires peinent à appliquer la loi, à comprendre la finalité de leurs actions. Se considérant comme de simples pions dans un système qui les dépasse et leur impose sa force d’inertie, ils cèdent parfois à la tentation d’une application des textes plus formelle qu’humaine.

Cette rupture est accentuée par l’agressivité ou la violence, qui prennent peu à peu le pas sur le respect de l’autre.

L’époque où le « vivre ensemble » se fondait sur l’existence de règles communes, sur des autorités de proximité les faisant respecter, et sur des citoyens qui les connaissaient et y adhéraient semble révolue.

Les espérances collectives ont cédé la place aux inquiétudes collectives et aux émotions médiatiques.

Notre société gère son angoisse par une décharge d’agressivité là où nous attendions un regain de solidarité. J’en veux pour preuve la généralisation et la banalisation des faits de violence, à l’école, en famille, dans les hôpitaux, envers la police. Les grandes équations qui permettaient le consensus au sein de notre société semblent marquées d’obsolescence : un diplôme ne garantit plus un travail, une intervention étatique ne garantit plus la correction ou la suppression d’une injustice.

Notre société en quête de sens se révèle aujourd’hui plus usée psychologiquement que physiquement. L’individualisme met en exergue l’individu et le valorise dans ses réussites. Il l’isole dans ses échecs et développe alors parfois le mépris de soi qui engendre le mépris des autres »


Des besoins d'après JP Delevoye

Notre société dont le caractère anxiogène n'est guère en passe de diminuer , a plus que jamais :

- Besoin que chacun de nous adopte un état d’esprit plus positif, en passant de la gestion des peurs à la motivation de nouvelles espérances. La reconstruction du « vivre ensemble » ne pourra se faire sans offrir à chacun une place au sein du collectif, indépendamment de sa valeur sur le marché du travail, une place où son utilité d’être social soit affirmée et sa dignité d’être humain respectée.

- Besoin de lieux d'écoute et d'accueil, de personnalisation : L'écoute ne produit pas de richesses immédiates mais elle produit du sens. Accueillir c'est respecter.

- Besoin de lois qui créent des droits qui puissent être mis en oeuvre sans complexité excessive car la loi n’apparaît plus comme le bouclier du plus faible contre le plus fort, mais comme une nouvelle arme aux mains du plus fort pour asseoir sa domination contre le plus faible.

- Besoin d'une réponse forte des institutions face au soupçon exprimé par nos concitoyens car le soupçon est une gangrène pour notre démocratie.

- Besoin de s'interroger sur comment, à partir d’un service public, reconstruire des citoyens et restaurer le politique, « voilà la vraie question » pour J P Delevoye.

Le politique doit (re)faire les preuves de son efficacité d’abord. Sous couvert de principe de précaution, nous avons fini par entretenir l’illusion d’une société sans risque et ainsi un certain immobilisme.

Le politique doit enfin répondre à cette quête du sens, en s’interrogeant d’abord sur la finalité, l’efficacité et la lisibilité de son action et en y associant les citoyens.
Aider les décideurs politiques à garder du recul et à prendre le temps de la réflexion, concilier l’impatience de l’opinion et la qualité de la décision.
-besoin de trouver, dans le nouveau rapport qui émerge entre le collectif et l’individu, un espace d’équilibre entre l’autorité légale et le respect de la personne.


Des espérances

Edgar Morin nous rappelle que nous voyons se multiplier, partout dans le monde des initiatives encourageantes qui s’engagent dans de très nombreux domaines à l’évolution des idées, des comportements et des institutions. Ces initiatives appellent, à un sursaut de conscience collective et offrent ainsi une bonne raison d’espérer. Quelques expériences parmi le grand nombre qui existent dans le monde mais qui ne sont pas recensées méthodiquement : le microcrédit, les maisons de solidarité dans les quartiers, l'agriculture biologique, les entreprises à caractère coopératif, des villages qui ouvrent un bistrot, une boulangerie...

« Il ne suffit pas de dénoncer, il faut énoncer » dit il. « Là où croit le péril croit aussi ce qui sauve. »

Il nous invite à prendre en compte toutes ces difficultés et de s’engager activement dans une refondation du monde pour aujourd’hui et pour les générations futures « il n’y a aucune fatalité aux désordres du monde et il faut s’inscrire dans une volonté d’agir de façon pragmatique pour restaurer ou reconstruire des valeurs individuelles et collectives. »

Michel Serres (philosophe, académicien) nous rappelle également qu'il faut « inventer du nouveau car des bouleversements gigantesques ont transformé notre condition, ces 50dernières années, comme jamais cela n'est arrivé dans l'histoire, dans tous les domaines : agriculture, transports, santé, démographie, informatique, conflits. Seules les institutions n'ont pas changé » Il nous montre dans « temps de crises » que nous sommes encore les acteurs de notre avenir.

Patrick Viveret (philosophe) nous exhorte à sortir de la peur en mobilisant nos forces de vie et « inventer une autre vision du politique, pleinement écologique, citoyenne et planétaire, qui placerait le désir d'humanité au coeur de sa perspective »

Face au constat « d'une société en grande tension nerveuse, fatiguée psychiquement et divisée »,
Face aux initiatives positives pour être acteur dans ce Vivre ensemble qui ne va pas de soi mais qui certainement s’apprend à petits pas

Quelles sont :

- Nos réactions
- Nos propositions pour tenir notre place et participer à la métamorphose de notre société.

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